Les processus complexes à l’origine de la composition des territoires et de la notion elle-même de territoire se redéfinissent sans cesse à travers des rapports de pouvoir, de représentation et d’usage, constamment influencés par des mutations qui sont aussi sociales, politiques et culturelles. Loin de se limiter à un simple espace géographique, le territoire devient le lieu de négociations et de reconfigurations permanentes, où se jouent des enjeux de domination, d’identité et de justice.
Face aux événements contemporains – retour de la guerre en Europe, impacts différenciés du changement climatique, recomposition des frontières terrestres et maritimes, montée en puissance des logiques supranationales – les catégories d’analyse classiques (centre/périphérie, rural/urbain, intérieur/extérieur, local/global) apparaissent de plus en plus inadaptées pour penser la complexité des dynamiques actuelles et leur résolution en termes de « crise ». La pluralité des échelles, la diversité des formes de pouvoir, la dynamique des représentations et l’hybridation des milieux imposent une réévaluation des outils conceptuels mobilisés pour penser la fabrique territoriale. L’ensemble des programmes présentés s’inscrit dans ce chantier théorique en conjuguant étude des configurations passées et attention aux enjeux contemporains, dans une démarche interdisciplinaire toujours préoccupée d’articuler matérialité, représentations et pratiques territoriales.




